Techniques pratiques pour améliorer votre concentration

Un endroit adéquat pour l'étude... et seulement pour l'étude
« Je me réchauffe l'esprit... »
Un travail divisé = un esprit structuré !
« Si je bloque sur une notion »
Récompensez-vous !
Quoi faire pendant vos pauses ?
« Des idées me trottent dans la tête, comment les chasser ? »
Être en forme !
Des stratégies d'étude qui stimulent la concentration
Concentration et motivation
Un endroit adéquat pour l'étude... et seulement pour l'étude

    Tentez d'éliminer ou de réduire les distractions dans le milieu où vous travaillez (télévision, radio, nourriture, autres personnes, etc.).
    Essayez, si possible, d'utiliser toujours le même endroit pour votre étude. Cet endroit sera donc associé à la concentration.
    Évitez le lit comme lieu de travail. Il est important de travailler dans une position qui incite à l'action, donc une position assise et légèrement inclinée vers votre travail et non le contraire.
    Évitez la musique, à moins d'en être incapable. Si cela vous aide à vous concentrer, choisissez une musique instrumentale que vous connaissez bien. Le disque que vous avez acheté récemment diminuera à coup sûr votre concentration.
 
« Je me réchauffe l'esprit... »
 
Une activité physique se réalise mieux lorsque vous vous réchauffez avant de l'accomplir. C'est la même chose pour les tâches intellectuelles. Faites une transition entre votre dernière activité et votre travail. Par exemple, prenez quelques minutes pour relaxer et revenez sur votre objectif d'étude et sur vos motivations à le réaliser. Vous pouvez également réfléchir à ce que vous avez vu dans le cours jusqu'à maintenant ou faire un survol des lectures à faire. En résumé, préparez doucement votre esprit à ce que vous allez faire.

Un travail divisé = un esprit structuré !
 
La division du travail en petits objectifs précis avant de débuter favorise la concentration. Élaborez un objectif précis et une approximation du temps requis. Plus vous avez de la difficulté à vous concentrer, plus vos objectifs devraient être précis mais surtout, petits. Par exemple, faire l'exercice numéro 5 dans le cours X.
 
« Si je bloque sur une notion »
 
Lorsque vous avez de la difficulté à comprendre un problème ou une notion, il est bien de persévérer. Cependant, l'acharnement à résoudre une difficulté entraîne souvent une baisse de la motivation et une diminution de vos habiletés de résolution de problème. Persévérez, mais faites-vous aider ou prenez une pause si votre difficulté persiste.
Récompensez-vous
 Même après avoir réalisé un objectif minime, offrez-vous une récompense sous forme de pause. Si vous avez des difficultés de concentration, il est préférable de faire plusieurs courtes pauses plutôt que d'en faire une très longue après l'atteinte d'un gros objectif.

Quoi faire pendant vos pauses ?
 Il faut augmenter la probabilité de revenir au travail... et favoriser la concentration pour votre prochain objectif. Lors de votre pause, bougez un peu, respirez de l'air frais. Il faut oxygéner votre outil de travail, c'est-à-dire votre cerveau ! À la fin de votre pause, élaborez un nouvel objectif.
« Des idées me trottent dans la tête, comment les chasser ? »
 
Dans le cas de pensées négatives, telles que des inquiétudes ou des problèmes divers qui nuisent à votre concentration, il s'agit d'être actif ou active face à ce qui vous préoccupe. Tenter de ne pas y penser fonctionne rarement avec les pensées négatives. Lorsque ce type de pensées (ex. : inquiétudes, préoccupations, souvenirs douloureux) vous viennent à l'esprit, arrêtez votre travail et écrivez ces pensées. Il sera alors moins difficile de prendre du recul et d'élaborer des solutions possibles face à ce qui vous préoccupe. Une fois la pensée écrite, tentez de trouver un début de solution au problème ou identifiez un moment où vous pourrez y revenir. Une fois cet exercice fait, retournez au travail (voir aussi le texte Stress, anxiété et perceptions : maîtriser les pensées toxiques !).
Dans le cas de rêves éveillés, c'est-à-dire de pensées positives qui nuisent à la concentration, il sera également important de ne pas attendre qu'ils quittent votre esprit d'eux-mêmes. Voici une stratégie que vous pouvez essayer : lorsque vous vous apercevez que vous êtes « dans la lune », levez-vous et terminez votre rêve debout. Par la suite, retournez au travail. Si vous faites cet effort à presque toutes les fois que vous rêvassez, ce problème diminuera.
Être en forme !
 La concentration est facilement influencée par différentes variables, notamment la fatigue excessive, la maladie, la déprime, le manque de sommeil, l'alimentation, la consommation de psychotropes (ex. : le cannabis et l'alcool), etc. Si vous avez des difficultés de concentration importantes, analysez votre rythme de vie et évaluez si certains points seraient à ajuster. N'oubliez pas que votre concentration est votre principal outil de travail.
Des stratégies d'étude qui stimulent la concentration

Consultez la section sur la lecture active afin de développer des stratégies de lecture qui augmenteront la concentration.
Concentration et motivation
Le degré de concentration est également relié à votre degré de motivation par rapport à une tâche. Comme nous l'avons vu, il est important de revenir sur vos bonnes raisons d'étudier avant de commencer, surtout si vous sentez une démotivation pour la tâche que vous voulez débuter. Voir à ce sujet notre section sur la motivation scolaire.

Plusieurs outils anti plagiat


Nous vous proposons plusieurs outils utiles, pratiques et faciles d’utilisation pour détecter toute forme de plagiat.
À l’heure du numérique et du web, il peut s’avérer assez simple de repérer du plagiat. En quelques clics à peine, un texte tout droit sorti de votre imagination peut vite se retrouver sous un nom qui n’est pas le vôtre.
La plupart des sites que nous vous proposons sont simples d’utilisation, ne requierent pas d’enregistrement et sont gratuits.
Il vous faudra bien souvent faire un copier-coller de votre texte à l’endroit indiqué sur le site et le laisser faire la recherche pour vous.


 Services de détection de plagiat




Positeo :

Ce site propose de faire une recherche via Goolge. Attention, via ce site, vous ne pouvez excéder les 32 mots ! Néanmoins vous pouvez créer une Google Alert afin d’être tenu au courant par email dans le cas où un plagiat apparaîtrait !
Positeo
www.positeo.com/check-duplicate-content/


2 PlagScan

Ce site, en plus de faire la recherche afin de savoir si votre contenu est dupliqué, vous indique à quel pourcentage il l’est !

PlagScan
www.plagscan.com/fr/


Plagium

Un des rares sites payant qui figure dans la liste. Par contre, cet outil est extrêmement précis, et disponible en quatre langues. 
Plagium
www.plagium.com/plagiarismchecker.cfm


Possibilité de faire une recherche qui peut aller jusqu’au 25 000 caractères, et en beta, une recherche sur les réseaux sociaux.
Compilatio
www.compilatio.net/fr/solutions/magister/


Plateforme orientée pour l’enseignement, Compilatio vous propose deux approches, soit en tant qu’étudiant, afin de vérifier l’originalité des travaux, soit en tant qu’enseignant afin de retrouver et mesurer les similitudes dans les travaux.

Viper


Viper est un détecteur de plagiat gratuit sous forme de programme à télécharger directement sur votre ordinateur.
DupliChecker
www.duplichecker.com/


Copyscape recherche le plagiat qu’il pourrait y avoir sur une page web. Il vous suffit donc d’entrer votre page web et de laisser le site faire son travail.
PlagTracker
www.plagtracker.com/


Sur ce site, il vous suffit d’uploader votre document afin de vérifier toute forme de plagiat.

En conclusion

Rappelez-vous que ces outils peuvent être complémentaires ! N’hésitez pas à en utiliser plusieurs afin d’être certain que vous n’êtes pas victime de plagiat. D’autres outils, d’autres logiciels existent. Cette liste n’est pas exhaustive !
N’oubliez pas qu’en cas de plagiat vous allez être amené à prouver que vous êtes l’auteur et que pour ce faire notre service Certifiart est la solution la plus pratique et est aussi économique.
Si vous-même travaillez et utilisez d’autres outils, n’hésitez pas à nous les communiquer afin que nous puissions les rajouter à cette liste.
Source :http://protectionoeuvre.com/8-outils-pour-detecter-du-plagiat/

Préparation des premiers cours

L’été est fini, la rentrée approche, vous connaissez l’intitulé de votre cours (parfois seulement ça, parfois un peu plus) : maintenant, il s’agit de savoir ce que vous voulez mettre dedans !

 

 

Tâter le terrain

Pour éviter de perdre du temps à préparer vos cours de A à Z, de chercher vos documents alors que vous n’avez peut-être jamais eu, en tant qu’étudiant, le cours que vous vous apprêtez à donner, essayer au maximum de vous mettre en contact avec les enseignants qui l’assuraient les années précédentes. Vous pouvez en général trouver leurs noms dans la brochure de votre formation, ou sur le site Internet de votre Université. Il est possible qu’ils aient une adresse associée au nom de domaine de votre Université (du style « nom. prénom@universitéX.fr »), mais vous pouvez aussi essayer de l’obtenir via le secrétariat de votre UFR ou département, en vous présentant comme enseignant•e, ou votre directeur/trice… Si on vous répond, cela vous permettra de gagner pas mal de temps. Mais sinon, pas de panique ! C’est d’ailleurs aussi à cela que sert le RIDE : écrivez nous, on essaiera de vous mettre en contact avec quelqu’un qui (connaît quelqu’un qui…) pourra vous éclairer un peu.
Des conseils, des astuces donnés autour d’un café, quelques supports de cours, un programme, une biblio, tout ça aide BEAUCOUP quand on s’apprête à enseigner à l’université pour la première fois. Essayez donc de vous entourer le plus possible, car l’enseignement ne s’apprend pas vraiment dans les livres: c’est beaucoup une question d’expérience.

Définir son style

Même si vous avez récupéré tout ou partie du contenu de votre cours, vous n’allez pas forcément avoir envie (si vous avez le choix ! certains seront plus orientés que d’autres par leur professeur référent) de tout réutiliser tel quel, dans le même ordre. Vous pouvez avoir envie d’ajouter des références, des types d’exercices, ou juste d’instaurer un certain style de fonctionnement. Bien sûr, il n’est pas évident que ce que vous vous dites à la rentrée sera la même chose à la fin de l’année ! Vous verrez avec la pratique…
Mais vous pouvez réfléchir dès maintenant à quelques questions qui vont orienter votre cours :

quel est son objectif ? Vous pourrez expliquer à vos étudiants quel est le lien avec leur formation, à quoi, de façon très pratique, il va leur servir, quel est le lien avec le CM s’il y a… Formuler cet objectif va vous permettre, à vous, de savoir où vous voulez aller, quels points sont à approfondir, dans quels autres vous devez éviter de vous perdre…

comment voulez-vous travailler ? Souhaitez-vous un contenu plutôt en interactif, plutôt en mode CM, plutôt sur des textes, plutôt de la pratique ? Un peu de tout ? Bien sûr, ce que vous enseignez définit déjà un peu le cadre de votre cours : si on vous demande de donner des exercices d’application en Algèbre, vous avez moins de latitude. Mais par exemple :
P. a hérité (quelle chance!) de cours de grammaire à enseigner à des étudiants de L1 psychologie. Au lieu de s’en tenir à des tableaux et des leçons arides, elle a préféré adapter son contenu et l’orienter « psychologie » en le faisant graviter autour de textes sur la folie par exemple, mais a aussi invité ses étudiants à s’interroger sur le langage « internet » en explorant Twitter et Facebook. Les étudiants devaient retenir les cinq fautes les plus irritantes qu’ils rencontrent sur le net, puis les discuter en classe. Cet atelier a permis de générer une véritable interactivité en classe.
Selon M.Brauer (Enseigner à l’université), « un enseignement est efficace s’il implique de l’ « apprentissage actif ». En d’autres termes, plus les étudiants participent activement au processus d’apprentissage, plus ils mémorisent le matériel (Meyers & Jones, 1993) ». 
E. raconte « à la fin de l’année, quand ils m’ont rendu le questionnaire que je leur ai fait passer [nous y reviendrons dans un autre article !], ce que j’ai lu a confirmé ce que j’avais vu pendant l’année : les moments où je faisais de la théorie ne passaient pas. Du coup, j’ai pensé à de petits exercices, des mises en situation, ou des textes qui leur faisaient approcher les concepts, et ils s’en rappelaient mieux. »
Une fois face à la classe, vous serez seul•e à réellement décider de l’ambiance de celle-ci, alors n’hésitez pas à vous positionner sur ce que vous pensez être une bonne atmosphère de travail.

de quoi voulez-vous parler ? Sauf si vous avez un référent très présent qui vous oriente et vous encadre beaucoup, vous pouvez être très libre dans les thèmes à aborder, les exercices à faire... 
Le plus sympathique est souvent de travailler avec des œuvres, des textes, des thèmes qui vous plaisent à vous, qui vous ont parlé en tant qu’étudiant et que jeune chercheur : il est plus facile de s’investir dans quelque chose qui nous plaît !
Sentez-vous libre de “recycler” vos connaissances liées à votre thèse ou vos années d’étude précédentes.
Mais vous, vous pouvez.

Si vous abordez des connaissances que vous ne maîtrisez pas, essayez de faire un lien avec vos recherches : faites “utile” !
M : « La première année, j’avais un cours d’analyse de texte, le truc que je n’avais jamais fait avant… Comme c’était pas une matière franchement passionnante, j’ai choisi de leur faire étudier des textes de ma discipline, en lien avec leur formation, qui pouvait leur servir, mais me servir à moi aussi. ».

comment voulez-vous évaluer ? A quelle fréquence, selon quelles méthodes ? Souhaitez-vous imposer des examens ponctuels, définis ou surprise (sur des questions de cours), ou préférez-vous une évaluation au fur et à mesure (ex: compte rendu de séance) ?
Prenez le temps de définir ce que vous voulez et ce que vous pouvez faire : trouver le juste milieu entre ce qui est faisable (et ne vous mangera pas tout votre temps) et intéressant pour vous et les étudiants. Attention, parfois, votre département dispose d'une « brochure » avec le descriptif de votre cours et des modalités d'évaluation – elle se trouve en général sur le site de votre université puisqu'elle est destinée aux étudiants. Pensez à la consulter, et éventuellement à demander à vos collègues dans quelle mesure vous devez vous y conformer (parfois, c'est l'enseignant•e qui vous a précédé qui a établi ces modalités).
L'important est d'être au premier cours le plus clair possible avec les étudiants, qui sont souvent préoccupés par cette question de la notation. Si vous êtes prêt•e à répondre à cette question de façon claire dès le début, c'est mieux!

Le syllabus

L’idéal, pour mettre au point les objectifs du semestre et les conditions du cours, c’est d’écrire un “syllabus”. Beaucoup pratiqué outre-atlantique, le syllabus est une sorte de « « contrat » entre enseignant et étudiants, qui spécifie ce que chaque partie peut attendre de l’autre (Johnson, 1995). Dans la plupart des cas, ce contrat prendra la forme d’un « syllabus » » (Brauer). Distribué au début du premier cours, il :
•résume l’objectif et l’intitulé du cours
•offre parfois un calendrier du semestre selon les thèmes abordés
• précise les modalités d’évaluation, en précisant parfois les dates butoirs des travaux à rendre
•établit un “code disciplinaire” en rappelant ce qui est admis en classe, et ce qui ne l’est pas.
• prévoit éventuellement un système de sanction en cas de non respect des règles.

Le syllabus peut ainsi paraître assez autoritaire et acétique, mais il offre en vérité l’occasion pour le professeur et ses étudiants de savoir exactement à quoi s’attendre pour le reste du semestre.

Dans la partie « Ressources » du site (accessible si vous êtes connectés sur votre compte), vous trouverez quelques exemples de syllabus

La « philosophie d'enseignement »

Vous pouvez, si vous le souhaitez, vous adresser directement à vos étudiants pour leur expliquer votre façon de faire et de voir l'enseignement à l'université. Nous vous renvoyons ici vers cet article du très utile blog Pédagogie Universitaire, qui développe cet outil : http://pedagogieuniversitaire.wordpress.com/2013/07/05/lettre-a-mes-etudiant-e-s/

Oui, et concrètement?

Dans la partie "Ressources", vous pourrez trouver un exemple de déroulement d'un premier cours et notamment de la première "prise de contact" avec les étudiants, et comment leur exposer les grandes orientations de votre enseignement.

Sur ces quelques conseils, bon courage pour ce premier cours !

Premier(s) cours: posture, charisme, ou l’attitude à adopter

Si nous avons déjà suggéré quelques pistes pour préparer vos premières heures d’enseignement, c’est parce que nous savons que le premier cours - et surtout votre attitude lors de celui-ci - jouera un grand rôle sur le reste de votre semestre avec une classe.
Car même si votre programme est “au poil”, et même si vous êtes infaillible dans le domaine que vous allez enseigner, la façon dont vous aller apporter cette connaissance à vos étudiants, votre “style”, dira forcément quelque chose de vous, et pourra soit faciliter votre rapport à l’étudiant (cet être impitoyable qui ne fait pas de cadeau!), soit le rendre difficile et tendu. 
Voici donc une liste de points – certains pourront vous paraître évidents ! - à prendre en considération avant de vous lancer dans l’arène, ou sur scène. Car c’est un fait, l’enseignant, quand il entre dans la classe, n’entre pas exactement en tant que l’individu qu’il est le reste du temps. Il met alors une autre “casquette”, un autre costume qu’il tient à lui-seul de concevoir. 

 Les premières impressions, ça se travaille!

La technique McGonagall. 

N’hésitez pas à être ferme : quitte à passer pour le Professeur McGonagall (oui nous faisons des références littéraires), vous pouvez montrer une certaine “rugosité” lors des premiers cours, même si celle-ci est complètement artificielle. Dès le début, dire “Non là ça va pas être possible, vous ne pouvez pas arriver avec 15 minutes de retard, et la prochaine fois vous ne rentrerez pas”, expliquer la différence entre une absence justifiée (avec, par exemple, la présentation d’un certificat) et une absence non justifiée, demander aux étudiants de faire le silence quand vous parlez sont autant de détails qui montreront à vos étudiants que vous n’en êtes pas à votre première classe...même si vous l’êtes!
Vous vous détendrez après. 
Par ailleurs, souvenez-vous qu’être “strict•e” ne vous empêche pas d'établir un dialogue et une ambiance décontractée : si vous voulez faire des blagues (qui tomberont à plat, parfois - ou souvent, dans le cas de l’auteur de cet article), allez-y! Vous pourrez toujours blâmer le professeur en vous, et non vous directement. 

Discipline : Choisir son camp 

En matière de discipline, vous pouvez choisir votre camp. Par exemple, s’il y a trop de bruit, vous pouvez élever la voix ou arrêter de parler. Les deux techniques peuvent très bien fonctionner. Si vous avez une petite voix qui ne porte pas à plus de deux mètres, vous risquez de :
1)Perdre votre voix et finir aphone avant la fin de votre doctorat
2)Perdre toute crédibilité face à vos étudiants (“S’il vous plait, arrêtez, arrêtez, ARRÊTEZ! * voix cassée*).
Au sujet de la voix, il peut être intéressant d'apprendre à la placer correctement ; les techniques du théâtre peuvent servir pour ne pas se retrouver aphone après 3h de TD. De même, les techniques de respiration, les exercices d'échauffements de la voix sont des outils intéressants.
Une piste d'ouvrage : QUENTIN, Gérard. Enseigner avec aisance grâce au théâtre. Chronique sociale, 1999.

Ce que vous pouvez faire pour vous éviter ces situations inconfortables, c’est tenter le silence gênant, qu’il faudra toujours accompagner du fameux regard belliqueux (celui qui veut dire “Je suis encore calme mais je suis à deux doigts d’envoyer un crayon entre les deux yeux de l’un d’entre vous”).

 Le regard belliqueux, qu’on peut aussi appeler “regard de la folie”.

Pour les sanctions, il vous revient également de décider ce qui sera le plus approprié. Vous pouvez essayer de discuter avec vos étudiants pour les faire prendre en considération leur manque de civisme (technique rarement efficace), menacer de faire baisser leurs notes (moins éthique, mais bien plus efficace), ou passer à des choses plus radicales comme l’exclusion momentanée du cours. Toutefois, même s'il est difficile de trouver des informations claires à ce sujet (entre ce que font vos collègues et ce qu'autorise l'Université), il semble que seule la section disciplinaire de votre université puisse sanctionner un étudiant
Par exemple, ici, les bilans de la section disciplinaire de l'Université Panthéon-Assas : plus de sanctions liées à des cas de triche en examen qu'à des problèmes de comportement (il n'est peut-être pas forcément évident de saisir cette section pour des bavardages récurrents de vos étudiants...).
Cependant, souvenez-vous que l’étudiant n’est pas l’ennemi numéro 1: vous travaillez avec lui et lui avec vous, et on devient difficilement constructif dans un système de menace ou de sanction systématisée. Essayez simplement de trouver la juste mesure.

Tutoiement ou vouvoiement ? 

Ceci est une vraie question qu’il est mieux de se poser avant le premier jour de cours.
Quand T. a commencé à enseigner à l’université, rassurée par l’âge de ses étudiants - qui était proche du sien - elle a immédiatement tutoyé ses étudiants...avant de se rétracter pour revenir - dès la deuxième semaine - au vouvoiement (les étudiants n’ont pas remarqué - ou n’ont fait aucun commentaire à ce propos). Pour elle, le “vous” signifie immédiatement: “j’ai peut-être le même âge que vous, mais c’est moi qui suis en charge à cet instant”. La différence d’ambiance entre les deux cours (incontrôlable la première fois - plus détendue et silencieuse la seconde) a prouvé à T. que le vouvoiement l’aiderait à acquérir un statut d’enseignant qu’elle ne s’était - en fait - même pas octroyé auparavant.
Car ce qu’il est aussi important de noter, c’est que personne ne voudra croire à votre légitimité d’enseignant si vous n’êtes pas sûr vous-même de celle-ci. Utilisez la méthode Coué et répétez-vous “je suis un enseignant légitime, je suis un enseignant légitime…”, jusqu’à ce que vous finissiez par y croire!

“Dis moi comment tu t’habilles, je te dirai quel enseignant tu fais.”

Avant le premier jour d’enseignement, c’est comme pour les rentrées quand on est encore de l’autre côté : on peut se demander ce qu’on va bien pouvoir mettre. 
La difficulté de choisir notre tenue de doctorant enseignant est peut-être révélatrice de l’ambiguïté de statut de celui-ci : il est encore étudiant, jeune, avec un style pas forcément très sobre ou sérieux (disons qu’on se balade rarement en tailleur). Or cet accoutrement fonctionne-t-il pour enseigner et rester crédible? Faut-il s’acheter une veste à velours côtelée marron avec des coudières pour avoir l’air d’un prof ?
Le mieux qu’on puisse dire, et même si cela ressemble plutôt au slogan d’un marque de cosmétiques, c’est : faites comme vous le sentez le mieux.
Certains ne vont rien changer à leur façon de s’habiller, d’autres vont acheter des “vêtements de profs” pour les jours de cours, certains vont proscrire le jean...Il y a des dizaines de possibilités, et vous pouvez tester ce qui vous convient le mieux. L’important est de se sentir assez à l’aise pour devenir orateur et leader pendant quelques heures. Certains conseillent le blazer : simple, efficace.
A. raconte qu’elle a systématiquement porté des chaussures à talons lors de ses débuts en tant qu’enseignante: cela lui permettait de se sentir “maître et possesseur” de son cours.
M., inscrite en deuxième année, nous a confié qu’elle portait des “vêtements de profs” lors de sa première année mais qu’elle a désormais décidé de s’habiller comme elle l’entendait (en nous précisant que sa dernière tenue en courant était une robe à léopards multicolores. P., elle, va enseigner en jogging.) 
L’avantage de porter une tenue qui traduit votre jeunesse et votre inexpérience est que vous pourrez vous “fondre dans la masse”, et passer pour un étudiant lorsque vous vous déplacez sur le campus (ce qui a quelque chose de jouissif, bizarrement).
Chloé Duprès nous éclaire sur la tenue du jeune prof de moins de 30ans

Vous avez décidé quel degré de rigueur vous pensiez adopter? Vous avez testé votre cri de rappel à l’ordre devant le miroir de la salle de bain? Votre tenue du DE est prête et repassée? Vous êtes sans doute paré pour vos premiers cours. Bon courage, et n’oubliez pas que l’une des qualités principales d’un bon doctorant-enseignant, c’est l’adaptabilité et la flexibilité, et que, même si votre premier cours n'était pas aussi carré que ce que vous espériez, il n'est jamais trop tard pour y réfléchir !

Les débuts en tant que doctorant-enseignant

Pouvoir enseigner dès le doctorat est une réelle opportunité professionnelle, et une chance que tous les doctorants n’ont pas. Mais - il faut l’avouer - obtenir le statut de doctorant enseignant requiert un peu de temps et beaucoup de patience. En effet, l’administration universitaire est une administration qui peut parfois être complexe. C’est pour cela qu’il faut se préparer à ne pas toujours tout comprendre, et à effectuer quelques allers-retours aux bureaux du département, de l’UFR, du collège doctoral, ou de la DRH de l’université.
Les membres du RIDE savent très bien que la phase de candidature à un poste de chargé·e de cours ainsi que la phase d’inscription qui en suit peut-être éprouvante. Voici donc quelques conseils / explications à lire avant d’attaquer une aventure bureaucratique possiblement frustrante. 


Le plus important est de vous armer de patience : pour les personnels comme pour les étudiants, il n’est pas toujours évident de saisir le fonctionnement de l’administration qui vous emploie. Vous pourrez avoir à faire à différents services : la direction des ressources humaines, le pôle ressources humaines de votre département, le directeur ou la directrice, adjoint.e ou non, de votre département, par exemple. 


Vous êtes contractuel·le 
En général, vous signez votre contrat à la rentrée (Septembre / Octobre). Il est possible que vous le signiez plus tard, courant Novembre par exemple. Au moment de la signature de ce contrat, lisez-le.
  • En effet, votre contrat doctoral peut ou non comporter une mission d’enseignement. Ainsi, admettons que vous arrivez dans le bureau des ressources humaines en Novembre, vous enseignez depuis déjà 3 semaines, et vous voyez sur votre contrat que « le doctorant contractuel accomplira, pendant la durée de son contrat, un service annuel qui sera exclusivement consacré aux activités de recherche liées à la préparation de son doctorat ».
 
Exemple d’un contrat spécifiant l’absence de toute mission annexe (extrait).

Il est bien sûr à ce moment-là important de le signaler à la personne qui s’occupe de vous. Si vous vous trouvez dans ce cas, il vous faudra signer un avenant, qui doit préciser la date de début de votre « activité pédagogique », votre charge d’enseignement.

 
Exemple d’avenant ajoutant la charge de cours au contrat (extrait). 

Par exemple, M., le jour de sa signature de contrat, se rend compte que la charge d’enseignement qu’elle a déjà commencé n’est pas comprise dans son contrat : « Sur le coup j’ai paniqué, j’enseignais déjà, et la DRH m’a dit que ce n’était pas normal, que le budget n’allait pas suivre… J’ai appelé mon directeur qui m’a dit qu’il s’en occupait, et qui m’a dit de tout de même signer mon contrat tel quel. J’ai dû venir signer un avenant quelques jours plus tard, et la partie « charge de cours » de mon salaire m’a été versée rétroactivement avec un peu de retard, en Décembre ».
Si  votre contrat doctoral comprend « de base » une charge d’enseignement, cela est aussi spécifié sur votre contrat (voir par exemple l’extrait de contrat ci-dessus).

  • Votre charge de cours ne peut dépasser 64h (TD) annuelles  (42h CM) : conformément aux dispositions de l'article 5 du décret du 23 avril 2009, le service d'enseignement confié à un doctorant contractuel ne peut excéder un tiers du service annuel d'enseignement de référence des enseignants-chercheurs défini à l'article 7 du décret du 6 juin 1984, soit un service de 64 HETD ou HETP selon les dispositions en vigueur à compter du 1er septembre 2009.
Il arrive pourtant, en pratique, que ce soit le cas, on vous parlera peut-être de la possibilité de faire que vos charges d’enseignement se compense sur 3 ans. Cependant : « le service est défini de manière annuelle et ne peut faire l'objet d'une compensation d'une année sur l'autre. Si l'employeur n'a pas assez d'heures d'enseignement à répartir entre ses enseignants et que le doctorant contractuel n'effectue que 40h, il sera tout de même payé comme s'il en avait fait 64. Un doctorant contractuel ne peut pas faire d'heures supplémentaires, il ne peut donc pas dépasser la limite des 64h, même à titre bénévole. » (Source : CJC)

  • Le doctorant contractuel ne peut pas effectuer de vacations d’enseignement, que son contrat doctoral comporte ou non une charge d’enseignement.

Quelques liens
http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Formations_et_diplomes/94/2/contratdoctoralquestionreponse_130942.pdf Des Q / R sur le site du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
http://enthese.hypotheses.org/396 Quelques précisions (la rémunération par exemple) par l’association ENThèse.


Vous êtes vacataire
Ou plus exactement « agent temporaire vacataire » en ce qui nous concerne : vous avez moins de 28 ans au 1er Septembre de l’année Universitaire considérée (bien qu’il semble qu’une décision du défenseur des droits supprime cette limite – pourtant pas encore de modification du décret : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000333407, article 3) et préparez un doctorat. Nous ne parlerons pas spécifiquement ici des chargés d’enseignement vacataires, recrutés à côté d’une activité salariée principale (cependant, les liens que nous donnons plus bas les concernent).
  • Vous pouvez avoir rempli un dossier de pré-recrutement auprès d’une Université, qui fait appel à vous, parfois à la rentrée, parfois un peu en amont si elle a une charge de cours à vous confier. Vous pouvez aussi avoir été « pressenti » pour assurer une charge de cours dans une Université (celle où vous êtes inscrit.e en doctorat, par exemple).
Les procédures de recrutement varient selon les universités, voici quelques exemples : 
- vous pouvez avoir à renvoyer en ligne un dossier de recrutement avec différents documents (i.e. la « proposition d’engagement » de l’Université, un RIB, une copie de la CNI, de votre carte d’étudiant faisant mention de votre inscription en doctorat…).
- vous pouvez avoir déjà rempli un formulaire en ligne et recevrez votre contrat par la Poste, à renvoyer avec les pièces à joindre
- l’université peut vous demander de venir directement avec les papiers pour signer votre contrat auprès du service des personnels.

  •  Votre rémunération « est calculée selon le nombre d'heures d'enseignement en présence des étudiants réellement effectuées (1h CM = 1.5 hTD, 1h TP = 2/3 h TD) et selon le taux horaire (heure complémentaire) fixé par arrêté ministériel et revalorisé en moyenne une fois par an. 
Arrêté du 5 octobre 2009 modifiant l'arrêté du 6 novembre 1989 relatif aux taux de rémunération des heures complémentaires :
Art. 1 - Les cours, les travaux dirigés et les séances de travaux pratiques sont rémunérés à l'heure effective par une indemnité non soumise à retenue pour pension et fixée à :
a) Dispositions générales :
Cours : 61,05euros ; Travaux dirigés : 40, 70 euros ; Travaux pratiques : 27, 13 euros. »
(Source : SNESUP, syndicat)

A noter l’université qui vous emploie gère la fréquence de votre rémunération : vous pouvez la recevoir tous les mois, par trimestre ou par semestre. Sachez cependant que les délais de paiement peuvent être très longs.

  • A la fin de votre semestre d’enseignement, vous aurez à remplir une déclaration des heures faites.
L., chargée de cours, ajoute « Une chose à préciser c'est qu'on ne peut pas être payé plus que ce qui était prévu comme vacation car le budget ne le permet pas. Ex : si je suis embauchée pour faire 14h pendant le semestre et que j'en fais 15, je suis quand même payée pour 14h. »

  • Vous ne pouvez faire plus de 96h de TD annuelles ; vous pouvez faire ces heures dans plusieurs établissements (et donc travailler pour plusieurs universités). 

Quelques liens 
http://www.collectif-papera.org/spip.php?article27 une explication du texte approfondie, qui concerne aussi les chargés d’enseignement vacataires
http://act.hypotheses.org/2158 un article des Aspects concrets de la Thèse (concernant aussi les chargés d’enseignement vacataires)


Nous avons donc fait ici un petit tour des conditions de recrutement des doctorants enseignants. Un dernier conseil : n’hésitez pas à poser les questions qui vous taraudent autour de vous : vos collègues titulaires, votre directeur ou directrice, vos collègues vacataires le personnel des ressources humaines… Il est normal que vous ne sachiez pas comment tout cela fonctionne, et il est aussi normal qu’on vous l’apprenne ! 
Il est possible que vous soit désigné un « enseignant titulaire référent » (il peut s’agir de l’enseignant qui fait le CM dont vous faites le TD, par exemple) : s’il est là davantage pour vous aider au niveau pédagogique, et du contenu de vos cours, il peut aussi être un informateur efficace.

Bon courage pour ces débuts !
 

Conférence:Quel doit être le rôle d'un directeur de thèse ?

Contrat de financement doctoral

131121


Pour vos contrats, souvenez-vous que certaines choses ne peuvent vous être imposées légalement, notamment le remboursement de votre financement de thèse en cas d’échec ou d’abandon. 
Voyez aussi pour les prolongements de thèse, certains contrats sont très stricts et rendent la chose quasiment impossible. Renseignez-vous lors de la signature (même si vous pensez vraiment la faire en 3 ans).
Avant de signer un contrat, vérifier la réputation de vos futurs directeurs de thèse, leur implication dans la gestion de thèse de leurs doctorants, le nombre de doctorants qu’ils ont, le nombre de doctorants qu’ils ont encadré qui ont abandonné. Voyez le fonctionnement du laboratoire, si les chercheurs ont leur bureau réunis dans un même lieu où s’ils sont répartis dans différents bâtiments/quartiers/villes. Si vous le pouvez, vérifier qu’il n’y a pas de guerre ouverte au milieu de laquelle vous serez de la chair à canon. Vérifiez également le nombre de doctorés du laboratoire qui ont pu obtenir un poste à l’issue de leur doctorat. 
Enfin, lors de la signature du contrat, vérifiez qu’il y est compris non seulement votre rémunération, mais également les frais d’inscription et de déplacement pour colloques, pour matériel (ordinateur, impressions …), pour vos expériences sur le terrain etc. La thèse, ce n’est pas que vous et votre cerveau !




Doper sa carrière d'enseignant

En 27 fiches synthétiques, ce guide de terrain écrit par une enseignante dresse aux enseignants  un panorama des possibilités d'activités parallèles, d'évolution et de reconversion tout en leur proposant des conseils pratiques et juridiques.

Les secrets de la communication scientifique

  • Par où commencer ?
  • Réfléchissez à la structure de votre article
  • Ne 'simplifiez' pas mais 'clarifiez'
  • Dissipez le brouillard
  • Faîtes adopter la science
  • Une image vaut mieux que mille mots
  • La dernière main

Marina Joubert propose des astuces pour mieux écrire sur la science (et non pour la science), et pour toucher un public plus large.
En tant que scientifique, vous maîtrisez certainement le langage technique et le style impersonnel des revues scientifiques. Mais la plupart des gens trouvent le jargon scientifique indigeste et ennuyeux, destiné à rebuter les non spécialistes.
Toutefois, on demande aux scientifiques de toucher un public large. Par conséquent, faire comprendre la science est devenu une compétence fortement recherchée. Ecrire pour le grand public comporte plusieurs avantages : cela vous donne une meilleure visibilité qui force le respect les bailleurs de fonds, suscite l'adhésion du public et attire des collaborations de grande qualité.
Mais captiver l'attention d'un large public n'est pas une mince affaire et nécessite une approche totalement différente de celle que l'on utilise pour impressionner des confrères scientifiques. Ce guide vous donne quelques conseils sur ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire.

Par où commencer ?

La plupart des scientifiques écrivent pour le grand public parce qu'ils aiment ça, même si certains peuvent en tirer avantage ou tentent de se « rapprocher du public » sur instruction des bailleurs de fonds.
Il est plus facile de commencer à écrire sur vos propres travaux de recherche, tant que vous pouvez prendre suffisamment de recul par rapport à votre travail.
Pour la première publication, frappez à la porte d'un journal d'une université ou d'une entreprise. Les conseils de recherche publient des revues, à l'instar de ScienceScope du Conseil sud-africain de la recherche scientifique et industrielle, ainsi que les académies de science et les sociétés scientifiques.
Certaines revues comme Australian Science ont comme objectif de publier un grand nombre d'articles rédigés par des chercheurs. Et certains journaux en ligne proposent des liens vers des blogs animés par des scientifiques. Vous pouvez aussi lancer votre propre blog.
Que vous fassiez le premier pas vers une publication ou vice versa, prenez votre temps. Réfléchissez minutieusement aux sujets publiés par la publication et au public ciblé. Quel est son 'style' ? Plutôt courant ou plutôt soutenu ?
C'est souvent avec plaisir que les rédactions reçoivent vos articles, surtout s'ils sont adaptés à leur format et à leurs intérêts. Lier un article à un événement particulier, comme la Journée mondiale de l'eau ou la Journée internationale de la diversité biologique peut également accroître les chances de publication de votre article.
Il est important de lire les articles de vulgarisation scientifique.. Vous y apprendrez à structurer vos articles et le fait de vous immerger dans ce langage vous permettra de savoir ce qui convient. Par cette lecture, vous vous familiarisez également avec les médias de votre pays (et étrangers) qui pourraient être intéressés par vos articles.
Choisissez la publication appropriée et entrez en contact avec le directeur de publication, par téléphone ou par email. Et renseignez-vous sur les délais de soumission d'un article destiné à un mensuel, à un hebdomadaire et à un quotidien.
Des piles de revues
Vous devez devenir consommateur d'œuvres de vulgarisation scientifique
Flickr/theseanster93

Réfléchissez à la structure de votre article

La structuration de votre article dépendra de son genre. S'agit-il d'un article d'actualité sur une percée scientifique ou tentez-vous un traitement en profondeur? S'agit-il d'un commentaire, c'est-à-dire l'expression de votre opinion personnelle ? Chaque type d'article est régi par des conventions précises.
Par exemple, les articles d'actualité commencent par une description concise de la principale découverte. Le traitement journalistique inverse la structure de l'article scientifique, en énonçant d'abord les conclusions. Les articles de fond attirent le lecteur, en plantant le décor au moyen d'une prose colorée et plus créative.
En tous cas, faîtes de votre étude ou de la percée scientifique une histoire romancée. Les premiers paragraphes doivent inciter le lecteur à continuer la lecture. Lorsque l'article est difficile d'accès dès le début, les lecteurs renoncent immédiatement.
Le corps du texte contient les détails et les faits. Ils doivent suivre un fil clair et faire comprendre au lecteur la transition logique d'un paragraphe à l'autre. Quand vous rédigez des articles de fond, trouvez un moyen de transformer les faits en un récit et d'apporter un peu d'excitation et d'aventure au scénario.
Les derniers paragraphes des articles de fond ou de commentaires doivent résumer l'essence de l'article ou indiquer les développements futurs. Vous pourrez donner au lecteur quelques pensées à méditer, ou lancer un appel à l'action. Soumettez-leur un sujet de réflexion à la fin de leur lecture.

Ne 'simplifiez' pas mais 'clarifiez'

Réfléchissez minutieusement au profil de vos lecteurs. Comment pouvez-vous rattacher l'article à leurs expériences personnelles ? Que peuvent-ils connaître sur ce sujet et pourquoi doivent-ils être intéressés par votre article ?
Ce lecteur imaginaire est capital. Ne pensez pas aux autres scientifiques. Vous n'écrivez pas pour les impressionner (un point rappelé sur ce blog du scientifique Stephen Curry).
Mettez-vous à la place de votre lecteur et mettez de côté toutes vos connaissances et votre expérience. Parlez des fondamentaux sans pour autant être élitiste, il y a une différence entre rebuter les gens et leur donner les moyens de comprendre. Les gens peuvent appréhender les idées complexes, à condition que vous utilisiez des mots qu'ils comprennent.
La tyrannie du jargon est le seul grand obstacle qui sépare la science de la vie de tous les jours. Récemment, j'ai interviewé quelqu'un qui mène une étude sur les programmes de nutrition en milieu scolaire. J'ai demandé un résumé de son étude en anglais courant, mais voici un passage de sa réponse : « "Optimum nutrition is the physiological basis for effective education" (Une nutrition optimale constitue le fondement psychologique d'une éducation efficace). On pourrait formuler la même chose de la façon suivantet :"You can't teach a hungry child", ou "if you eat well, you learn well" ('Vous ne pouvez pas enseigner à un enfant qui a faim' ou 'si vous mangez bien, vous apprenez bien').
Evitez systématiquement le jargon, les acronymes, les raccourcis et formalités auxquels vous êtes soumis lorsque vous écrivez pour des scientifiques. Ce qui est banal pour eux est surréaliste pour la plupart des lecteurs. Parlez des idées abstraites et des nombres complexes en utilisant des termes du quotidien et faites le lien avec les expériences quotidiennes.
Les analogies et les métaphores que vos lecteurs peuvent comprendre peuvent être utiles. La plupart des gens, par exemple, peuvent visualiser le cratère d'impact d'un météore qui a 'la taille de dix terrains de football'
Faites des phrases cortes et restez à la voix active chaque fois que c'est possible. Utilisez des citations, des études de cas et des exemples tirés de la vie réelle pour accroître l'intérêt de votre article.
Ecrire sur la science dans un langage ordinaire devient plus facile avec la pratique. Pour moi, traduire le jargon truffé de mots savants en langage simple c'est comme démêler les poils d'un chien. Au début c'est difficile, voire pénible. Mais la patience et la persévérance finissent par avoir raison de toutes les difficultés (le jargon, les acronymes, les longues phrases et la voix passive).
Un scrabble montrant le mot 'jargon'
Essayez d'éviter la 'tyrannie du jargon'
Flickr/subsetsum

Dissipez le brouillard

J'ai découvert l'indice Gunning Fog de mesure de la lisibilité. Il permet de calculer le nombre d'années d'études nécessaires à un lecteur pour comprendre facilement votre texte en une seule lecture.
Si l'indice Fog du texte est de 12, votre lecteur doit justifier de 12 années d'études. La plupart des écrits scientifiques ont un indice de 40 voire plus.
Vous diminuez l'indice Fog de votre texte en faisant des phrases courtes, en écrivant à la voix active, et en évitant de longs mots. Essayez le calculateur de l'indice Fog.

Faîtes adopter la science

La plupart des gens ne sont pas intéressés par le processus qui vous a mené à une découverte. Ils veulent connaître l'importance de votre découverte pour eux. Vous devez répondre à la question « et alors ? ». Insistez sur l'impact que la recherche peut avoir sur la vie quotidienne des gens, ou l'influence qu'elle pourrait avoir sur la société.
Si votre étude crée l'effet de surprise ou constitue un travail de pointe, faites-le ressortir. Et n'oubliez pas, les gens réagissent aux choses qui leur sont proches, utilisez tous les appâts locaux ou régionaux.
Ne dites pas tout ce que vous savez à votre lecteur ; au contraire, résumez l'essentiel de votre article en une seule phrase percutante, ensuite testez-la sur quelques personnes avant de la rédiger.
Si vous émettez votre opinion, dans un article de commentaire par exemple, vous n'avez pas l'obligation d'être neutre ou objectif. Il est même accepté de spéculer un peu. Si vous êtes enthousiaste, excité ou inquiet, dites-le. Vous pouvez également recourir à l'humour.
Bien que les gens soient peu intéressés par les processus de la recherche au quotidien, ils s'intéressent à votre côté humain. Quels sont les obstacles que vous avez dû surmonter ? Qu'avez-vous ressenti ? Vous présenter comme un « être réel » brise les barrières et rapproche le lecteur de la science. Communiquez votre excitation et votre fierté, mais ne vous vantez pas et ne mentez jamais.
Dans cet article écrit pour le Guardian Brian Cox, professeur de physique des particules à l'université de Manchester, se sert de son expérience personnelle à l'Organisation européenne de la recherche nucléaire pour expliquer la science du Grand collisionneur de hadrons.
Un chercheur examinant des plantes en incubateur
Ecrire des articles pour le grand public sort vos travaux de recherche des laboratoires
Flickr/IITA Image Library

Une image vaut mieux que mille mots

Les images peuvent attirer l'attention sur une page. Par conséquent, soumettez votre article en l'accompagnant d'images et de légendes, cela peut être déterminant pour sa publication ou son rejet (et éviter que le service de la photographie ne choisisse une image totalement inappropriée). Mais si ce n'est pas possible, ne vous découragez pas. Les revues trouveront une illustration.
En rédigeant votre article, faites preuve d'imagination pour les photos et les légendes. La science offre des images belles et inhabituelles susceptibles d'aider les lecteurs à visualiser votre sujet. Prenez du temps pour trouver des légendes instructives et accrocheuses, ce sont des points d'ancrage indispensables pour votre article.

La dernière main

Une fois que vous avez rédigé votre article, transformez votre lecteur imaginaire en un lecteur réel. Demandez à un non scientifique de lire votre l'article et de souligner les parties qu'il ne comprend pas. Vous allez bientôt commencer à comprendre le niveau de langue que vous devez utiliser. Et si le lecteur bâille ou perd son enthousiasme à mi-chemin de l'article, n'oubliez pas que personne n'est obligé de lire votre article. Si c'est technique, monotone ou ennuyeux, même vos amis ne le liront pas !
Et si votre article n'est pas lu, il n'a aucun sens et ne répond à aucun besoin. Le lecteur, que vous le rencontriez ou non, est toujours roi.
Marina Joubert est spécialiste en communication scientifique basée à Pretoria en Afrique du Sud.

Faut-il faire un doctorat ?

LE MONDE pour Le Monde.fr |  • Mis à jour le  |Par 

lien d'origine

"Le vrai diplôme universel, celui qui montre que l'on a réalisé un travail original, que l'on a fait avancer la science, qui a été validé par des personnalités extérieures, c'est le doctorat", défend Cédric Villani, mathématicien français qui a reçu en 2010 la médaille Fields en Inde.
"Le diplôme de référence dans le monde, c'est le doctorat américain, le PHd, pas les ingénieurs, formation sur laquelle s'appuyaient beaucoup les entreprises françaises. Or, nous sommes dans une économie de la connaissance; la compétition s'opère sur la capacité des entreprises à développer leur innovation et leur recherche." Martine Pretceille, directrice de l'Intelli'agence et professeur des universités (ex-Association Bernard Grégory), fondée en 1980 pour faciliter l'intégration professionnelle des docteurs, est formelle: "Ceux qui ont l'expertise pour travailler dans ce domaine, ce sont les docteurs y compris en sciences humaines et sociales. Le saut qualitatif sur le plan cognitif entre un master et un doctorat est incommensurable".


UN DIPLÔME RECONNU DANS LE MONDE ENTIER
Si la nouvelle physionomie des échanges mondiaux va dans le sens du doctorat, du côté économique les règles changent, mais lentement... 10% est ainsi l'un des chiffres clés d'une étude publiée en 2010 par le Centre d'analyse stratégique sur les docteurs et qui pointe le taux de chômage de ces derniers, pourtant dotés du plus haut grade universitaire. Certes, cette moyenne cache des disparités importantes selon les disciplines, les diplômés en chimie et en sciences humaines étant moins bien lotis que les cursus en informatique ou en sciences de l'ingénieur. Mais elle n'en demeure pas moins un signe, parmi d'autres, que les docteurs ne s'insèrent pas si bien que ça sur le marché de l'emploi.
Du côté de l'Intelli'agence on tient d'abord à souligner que "10% est un chiffre stable; il n'y a pas eu d'aggravation notamment pendant la crise". La raison? Martine Pretceille en voit plusieurs: "Le monde universitaire se préoccupait peu d'insertion professionnelle, contrairement aux grandes écoles, mettant l'accent sur la formation des esprits avant tout. Cela change car aujourd'hui l'université a l'obligation de former à des métiers et de se préoccuper de l'employabilité de ses étudiants. Si on forme des esprits, c'est pour qu'ils servent à la société".
Mais la question de l'emploi des doctorants n'en demeure pas moins pertinente. Du reste, à l'ANRT (Association nationale de la recherche et de la technologie), on ne cherche pas à l'esquiver. La réponse, elle, dépend du profil de l'étudiant et de sa motivation. "Pour s'engager dans un doctorat, il faut avoir de bonnes raisons et une idée claire quant à son projet professionnel, détaille Denis Randet, son délégué général. D'abord, si la recherche ne vous intéresse pas, autant ne pas s'engager dans trois ans d'études supplémentaires. En revanche, si on veut faire carrière dans la recherche publique – 54% des docteurs sont dans ce cas selon l'étude du Centre d'analyse stratégique -, la question ne se pose pas, il faut faire un doctorat même si la certitude d'être titularisé dans un laboratoire n'est pas acquise. Enfin, si on souhaite travailler dans le secteur privé, il faut savoir qu'on y fait rarement de la recherche tout au long de sa carrière."
L'ÉPINEUX PROBLÈME DU FINANCEMENT
Et si c'est l'entreprise qui vous attire, le dispositif Cifre (conventions industrielles de formation par la recherche) est fait pour vous. Géré par l'ANRT pour le compte de l'Etat, c'est l'un des outils à la disposition d'un doctorant pour financer ses recherches. Il repose en effet sur un partenariat entre le doctorant, une entreprise qui l'embauche, et un laboratoire. "Le doctorant devient alors un professionnel qui passe les trois premières années de sa carrière à préparer une thèse mais aussi à participer à la vie de l'entreprise, explique Denis Randet. Les deux tiers des docteurs Cifre sont engagés par des entreprises à l'issue de leur thèse, un tiers dans l'entreprise qui les employait, un tiers dans une autre. Le taux de soutenance est remarquablement élevé: 90%. Alors que tous doctorats confondus, le pourcentage d'abandon est élevé en France, pas loin de la moitié."
La question financière n'est donc en rien anodine dans le choix de faire un doctorat. Sur les 66000 jeunes gens à avoir opté pour cette voie, 65% sont du reste financés, essentiellement dans les filières scientifiques. Outre le dispositif Cifre, il existe d'autres sources tel le contrat doctoral, mis en place à la rentrée 2009, permettant à l'étudiant d'être salarié d'une université ou d'un laboratoire et de bénéficier d'un contrat de trois ans. Raphaël Royer est l'un de ses heureux élus et, à 24 ans, après un diplôme d'ingénieur, entame sa deuxième année de doctorat en ingénierie mécanique à l'université Bordeaux 1 en percevant un peu plus de 2000 euros par mois: "Je me suis engagé dans ce cursus car le diplôme d'ingénieur, s'il est reconnu en France, ne l'est pas à l'étranger contrairement à celui de docteur. Et puis j'avais envie de faire de la recherche. Le goût m'est venu lors d'un stage en entreprise effectué dans le cadre de mon école. J'y ai testé la recherche et ça m'a plu. Je conseille du reste à ceux qui seraient tentés par un doctorat de faire de même. J'ajouterai que je n'aurai pas fait de doctorat si je n'avais pas obtenu ce financement. Cela me permet de subvenir à mes besoins mais aussi de faire de la recherche sereinement."
Raphaël Royer est par ailleurs membre de l'association AquiDoc rassemblant les doctorants d'Aquitaine dont l'objectif est de faire la promotion de ces derniers auprès des entreprises via notamment un forum de recrutement. Et Raphaël de commenter: "Les entreprises s'intéressent de plus en plus aux docteurs. Notre côte monte, pas assez vite, mais elle monte".
DONNER DE LA VISIBILITÉ AUX DOCTORATS
Bonne nouvelle: les entreprises embauchent de plus en plus de doctorants pour faire de la recherche mais aussi pour occuper des postes à responsabilités hors recherche. Et pour convaincre encore un peu plus le monde économique, tous les acteurs s'y mettent. Il en va ainsi du Medef qui a mené une campagne avec l'Intelli'agence pour convaincre les employeurs de recruter plus de doctorants. "Les docteurs sont souvent considérés comme des “Géo trouvetout” par les recruteurs, avance Hugues-Arnaud Mayer, président de la commission innovation au Medef, également en charge des relations avec l'enseignement supérieur. Mais en multipliant les contacts et les partenariats, cette image est en train de changer. L'enjeu, c'est de préparer les docteurs à aller vers la création de valeur - mise au point de produits et de services permettant de créer des emplois - alors qu'ils se consacrent souvent uniquement à la création de savoir. En résumé, il faut associer les travaux de recherche à une finalité applicative."
Et l'un des outils pour y parvenir, c'est le Cifre, l'enjeu étant d'étendre son influence. "Les grands groupes savent repérer les sujets de recherche moins les PME ; il faut améliorer cette lisibilité: les docteurs représentent un vivier de compétences pour toutes les entreprises!", poursuit Hugues-Arnaud Mayer. Mais pour convaincre, les docteurs ont aussi des efforts à fournir pour se "vendre". C'est l'opinion de Vincent Mittoux, ingénieur conseil dans une PME et représentant des PME au sein de l'Intelli'agence: "Une thèse est bonne ou mauvaise selon la façon de la présenter. Un docteur qui ne souhaiterait travailler que sur un champ précis sans en sortir ne convaincra pas une entreprise. C'est différent s'il met en lumière ses compétences, sa méthodologie de travail, ses capacités à conceptualiser, son aisance avec l'écrit, sa pratique de l'anglais…"
INGÉNIEUR ET DOCTEUR
Pour accroître encore davantage l'employabilité et la visibilité des docteurs, les idées ne manquent pas. Christian Lerminiaux, président de l'Université de technologie de Troyes et premier vice-président de la Cdefi (Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs) prône ainsi la création d'un label spécifique qui sera délivré aux jeunes chercheurs ayant une double compétence: ingénieur et docteur. Une façon de valoriser ce type de profil auprès des entreprises mais aussi de convaincre les bac+5 de poursuivre en thèse.
De quoi satisfaire la directrice de l'Intelli'agence qui ne cache pas pour autant son inquiétude: "Pour moi la question "faut-il faire un doctorat" ne se pose pas. Si on n'investit pas ce diplôme, l'économie française finira par lâcher et ça serait par ailleurs une perte pour l'université et la société française. Nous n'allons quand même pas nous priver du diplôme le plus prestigieux, qui permet à ceux qui l'obtiennent d'avoir des évolutions de carrière en France et ailleurs bien plus intéressante, et aux entreprises de diversifier leur recrutement."
  • Cet article est issu du hors série du Monde "Le Guide des grandes écoles" que vous pouvez acheter sur la boutique en ligne du Monde (9,90 euros)
"Les doctorants sont des spécialistes de l'innovation" Depuis 2009, de nombreuses actions ont été entreprises pour permettre la revalorisation du doctorat. Les explications d'Agnès Florin, professeur à l'université de Nantes et responsable du collège doctoral Nantes-Atlantique, qui regroupe quelques 1400 doctorants.
Pourquoi une entreprise devrait-elle recruter un doctorant?
Les doctorants sont des spécialistes de l'innovation. Il n'est pas possible de soutenir une thèse qui n'apporte rien de neuf. Quel que soit son parcours, un docteur est d'abord quelqu'un qui a su surmonter des difficultés dans le cadre d'un long parcours. Qu'ils étudient les sciences ou les lettres et sciences humaines, ils savent travailler en équipe dans des laboratoires et poser les questions auxquelles on ne s'attend pas et qui font avancer le processus.
Vous rejetez l'image du doctorant éternel étudiant seul face à sa thèse.
Aujourd'hui en moyenne les thèses dans notre pôle de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) Université Nantes Angers Le Mans durent un peu plus de 4 ans et nous travaillons pour arriver progressivement aux trois ans pour tous, ce qui n'est pas loin d'être le cas dans les disciplines scientifiques alors qu'on se rapproche plutôt des 5 ans en sciences humaines et sociales. Mais il faut aussi compter avec des personnes en activité auxquelles on donnera plus de temps. Le tout pour 23% des doctorants inscrits depuis 2009 dans le cadre des nouveaux contrats doctoraux qui attestent d'une première expérience professionnelle et ouvrent des droits sociaux.
Comment savez-vous si un jeune a de bonnes chances de devenir docteur?
Légalement n'importe quel étudiant de master peut postuler en doctorat, même si les masters recherche y amènent plus naturellement. A nous de sélectionner ceux qui en auront la capacité. Et là on va privilégier ceux qui se posent des questions, qui proposent des hypothèses nouvelles plutôt que de s'appuyer sur des certitudes ou encore ceux qui font preuve d'autonomie. Je vais tout de suite m'intéresser à un étudiant de master 1 qui vient avec des idées neuves.
Mais comment améliorer l'insertion professionnelle de doctorants dont les deux tiers vont ensuite chercher un emploi dans le secteur privé?
A Nantes, comme dans les autres établissements de notre PRES, nous y travaillons en obligeant par exemple chaque doctorant à suivre 100 heures de formation dont la moitié est disciplinaire et l'autre consacrée à l'insertion professionnelle (rédaction d'un CV, montage d'un projet financier, etc.). Avec le soutien de l'Intelli'agence, nous organisons aussi des "Doctoriales" dans le cadre desquelles nos doctorants de toutes disciplines travaillent ensemble sur des projets innovants susceptibles d'intéresser des entreprises. Nos doctorants peuvent également réaliser une mission complémentaire, dite "doctorants expert", pour laquelle ils consacrent 32 jours de travail à une entreprise de la région. C'est un dispositif peu coûteux et très efficace pour qu'une entreprise et un doctorant apprennent à se connaître.
Propos recueillis par Olivier Rollot